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14-02-2008

                    Robert Spizzichino (PS/ bureau fédéral 94/Forces Militantes)

Ce texte est un excellent document de travail. Il vient à point nommé. Son introduction en particulier est claire et pose bien la problématique. Comme ce texte invite au débat, voici quelques observations dans l’optique d’une construction collective à venir.

On ne peut séparer la forme et l’organisation d’un parti politique non seulement du corpus idéologique sur lequel il s’appuie, mais aussi des institutions de l’Etat dans lequel on souhaite exercer le pouvoir ; en particulier, il faut insister sur le non cumul des mandats, y compris dans le temps, ce qui est le seul moyen de freiner la notabilisation et d’être attractif ; il faut dire à quel point la présidentialisation du régime est un frein pour tout progrès démocratique ; il faudrait même dire quelle conception de la décentralisation on propose et les conséquences sur l’organisation du parti.

La question de l’ouverture du parti de la Gauche pour en faire un parti de masse est centrale : Il faut que les « nouveaux prolétaires » (y compris petits métiers, travailleurs précaires, travailleurs pauvres, retraités en difficulté,…) s’y sentent à l’aise. Ce qui veut dire bien d’autre chose que des campagnes d’adhésion ciblées ;  il faut que des cadres dirigeants soient à leur image, il faut que les polytechniciens, les professeurs et les « science po »ne monopolisent ni la parole ni les postes ; il faut renouer avec l’éducation populaire au sein du Parti et dans sa périphérie immédiate.

L’idée des secteurs thématiques paraît bonne, à condition qu’ils renforcent encore l’attractivité envers les nouveaux prolétaires, d’où l’importance de leur définition ; à noter qu’on ne dit pas dans le texte à quel niveau ils se situent : local, national, fédéral, tous les niveaux ; et pourquoi pas régional ?

Un Parti de Gauche ouvert sur la société et le monde du travail, cela nécessite d’en clarifier  les modalités : on doit être plus clair sur la distinction faite entre les outils que le parti doit créer sans doute avec d’autres dans un certain nombre de domaines ( ce sont les organismes associés auxquels il est fait allusion) et des partenariats en réseaux ouverts qu’il faut constituer dans les secteurs thématiques , y compris avec des organismes qui ne sont en rien inféodés au parti

Il importe de renforcer ce qui concerne l’aspect international : Ce qui est dit est somme toute un peu banal, peut être parce qu’on veut éviter de fâcher. Il ne peut y avoir de Parti de la Gauche au 21ème siècle que s’il est structurellement international ; on peut penser à deux propositions à faire en actant des carences du Parti Socialiste Européen et de l’Internationale Socialiste : Une adhésion au Parti de la Gauche entraîne une adhésion à un Parti des Gauches européennes (à créer à partir de l’embryon qui existe et de ceux qui ne se reconnaissent plus dans le PSE).Il faut aussi récréer une coordination internationale des Forces progressistes intégrant l’alter mondialisme.

Enfin, la question  que chacun se pose est : Tout cela est bien beau, mais comment on y arrive ? : Comment vaincre les résistances et les scepticismes ? Tous les partis peuvent piquer des idées dans ce qui est écrit, dire qu’elles font ce qui est préconisé et se cantonner à un immobilisme masqué par un discours rénovateur de bon aloi. Comment réussir le dépassement préconisé? Comment éviter les mécanismes de blocage à l’œuvre dès que quelqu’un lance une idée? On peut penser que la seule méthode est effectivement que les militants et sympathisants de plusieurs partis de gauche s’emparent de la démarche, la fassent leur et disent : « Maintenant, c’est à nous de parler et d’agir ». Ce n’est pas du basisme, c’est une révolte démocratique nécessaire.

 
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